Joxe Arregi
...................................en recherche d'un christianisme plus proche des Evangiles.
vendredi 23 janvier 2015
Pouvoir et miséricorde
Il a voulu s'appeler François, comme le Poverello
d'Assise, le « frère mineur » de tous, et à chaque mois qui passe il
devient de plus en plus clair que la miséricorde est son critère et son
programme d'action. Ceci est l'essentiel. C'est encourageant de savoir
qu'il a tout pouvoir pour reformer l'Église, et faire d'elle seulement
le témoin de la miséricorde. Oui, le pouvoir du pape est aujourd'hui un
motif d'espérance, mais le pouvoir de la papauté est, pour demain,
justement le problème : le prochain pape, dans dix ans, pourra exercer
le pouvoir absolu pour éteindre l'espoir ecclésial que François nous a
rendu. Que le pouvoir absolu disparaisse dans l'Église, pour que perdure
le primat de la miséricorde !
mardi 6 janvier 2015
Hommage au pasteur Jacques Fischer
Le pasteur J. Fischer nous a quittés subitement la semaine de Noël.
Jacques Fischer est le fondateur
et animateur du groupe Gospel "les Compagnons de l'Arche" qui se
produisit à Blois à l'invitation du père Viot (qui fut son collègue dans l'Eglise Réformée) - qui
aussi a permis à nos petites paroisses de Sologne de profiter
d'excellents concerts qui étaient aussi des veillées de prière. On put
ainsi applaudir ces Compagnons qui se situaient dans la lignée du "Golden Gate
Quartet" lors de mémorables concerts à Neung sur Beuvron, Salbris, Yvoy-le-marron, Dhuizon,
Montrieux en Sologne.
Après sa magnifique et chaleureuse prestation de mai dernier à Neung sur Beuvron,
nous l'avions sollicité ( nous les frondeurs de CER 41) pour envisager une nouvelle prestation dans le Blaisois dans le courant de cette nouvelle année.
Il nous avait prestement répondu :
" Cher Pierre
Prêts à venir quand vous voulez et où vous voulez!
t'ai -je répondu au sujet d'un concert éventuel début 2015 près de Blois?
Bien sûr on dira oui: il faut articuler une date et conjuguer cela avec un autre concert
dont tu m'as déjà parlé.Bon été..."
Hélas, il n'y aura pas de concert début 2015: nous n'avons pas su convaincre nos amis de CER41 et...il aurait fallu annuler
Hélas, il n'y aura pas de concert début 2015: nous n'avons pas su convaincre nos amis de CER41 et...il aurait fallu annuler
Merci Jacques,
Nos portons ta chère épouse dans nos prières .
Bernard M. et Pierre vW.
Bernard et Pierre
dimanche 14 décembre 2014
Assemblée générale de Parvis
L'Assemblée Générale de Parvis s’est tenue à Rezé, près de Nantes, les
28-29-30 novembre 2014.
CER 41 y était représenté par Gilles Lacroix (avec pouvoirs)
et Guy de Longeaux (observateur)
123 participants y représentaient
28 associations (sur 41 adhérentes à Parvis). Le thème
général était : « Qui est mon
prochain dans une société multiculturelle ? »
L’évêque
de Nantes avait envoyé un message à l’AG lui
souhaitant « une réflexion fructueuse ».
Évènements
soulignés :
- Parvis a adhéré à l’IMWAC (International Movement We Are Church)
- l’excommunication de Martha Heizer, présidente de l’IMWAC et de son mari Gert , Autrichiens, accusés d’avoir fait (d’ailleurs depuis longtemps) des eucharisties sans prêtres.
- initiatives pour une paix juste en Palestine (Parvis a proposé un groupe de travail au Conseil de l’Europe : co-développement, droit de l’homme, immigration…)
- synode sur la famille : document de synthèse envoyé
- voyage récent en Algérie d’une trentaine de personnes de Parvis qui ont rencontré des communautés chrétiennes et musulmanes, ainsi que des universités (où les femmes sont majoritaires)
Orientations
pour 2015 :
- l’international : atelier Afrique avec Hugo Castelli, participation à « Concile 50 », réunion à Rome en novembre 2015 d’environ 200 représentants d’associations telles que Parvis pour le 50ème anniversaire du Concile
- les jeunes : accompagnement de l’équipe dirigeante de la JEC voulant relancer ce mouvement et adhérer à Parvis. Marie Damiens, de l’équipe dirigeante de la JEC, était présente. Elle est du Loir-et-Cher.
- la revue Parvis recherche des abonnés et pourrait reprendre 2 revues qui disparaissent : Jonas et Jésus, cahiers de libre avenir. Envoyer à la revue des compte-rendu d’activité des associations ; envoyer des contributions (une « relecture théologique des actions que l’on fait localement »)
- La cotisation est fixée pour 2015 à 2,50 € x nombre d’adhérents de chaque association
mercredi 10 décembre 2014
La Cène : ni trop, ni trop peu.
D'après un texte de André
Gounelle ainsi intitulé
|
présenté et commenté par Alain
Dupuis.
|
Au moment du Concile Vatican II,
Karl Barth écrivait au Père Yves
Congar : "Comment pouvez-vous accorder une telle importance à
l'eucharistie, alors que dans le Nouveau Testament elle occupe si peu de
place ?" Deux remarques montrent la pertinence de cette question de
Barth, qui, au premier abord, peut étonner.
|
André Gounelle
|
(Tous
les propos qui sont de la plume même de l'auteur sont en italique).
André Gounelle, protestant d'origine cévenole, occupa divers postes d'aumônerie et pastoraux, avant d'être nommé professeur à la Faculté de Théologie Protestante de Montpellier, jusqu'à sa retraite. Parmi ses nombreux ouvrages, on recommande la lecture de son " Parler du Christ", paru chez Van Dieren (Paris) en 2003. Karl Barth : théologien protestant (1886 – 1968), incontournable dans l'histoire de la théologie chrétienne du 20ème siècle. Il fut observateur au Concile Vatican II. Yves Congar : théologien catholique français, dominicain, dont l'œuvre courageuse, rigoureuse et novatrice, touchant en particulier l'Ecclésiologie, marqua profondément l'avant-concile et le concile Vatican II où il fut expert. Très malade et très éprouvé par des persécutions vaticanes, il fut finalement réhabilité et fait cardinal peu avant sa mort. |
mercredi 26 novembre 2014
Hors des sentiers battus...
Les éditions Temps Présent *viennent de publier un nouveau
livre « JESUS UNE VIE HORS DES SENTIERS BATTUS » de notre ami Guy de
Longeaux. Une passionnante enquête qui atténue l’image du magicien
faiseur de miracles et le resitue dans son époque, en s’appuyant sur les
travaux de théologiens et d’historiens. Dans la lignée de Jacques
Duquesne qui a écrit la préface il nous raconte le destin
extraordinaire de cet homme ordinaire. Il se livre aussi à une analyse des forces et des faiblesses de l’Eglise d’aujourd’hui
et appelle à retrouver les forces de
l’ESPRIT .
*Temps Présent est par ailleurs co-éditeur de la revue du « Réseau
du Parvis », fédération qui regroupe une cinquantaine d’associations ( dont "Chrétiens en Recherche 41" ) de catholiques réformateurs et de protestants libéraux,
jeudi 13 novembre 2014
Quitter Nicée et revenir à Nazareth.
| |||||
mercredi 5 novembre 2014
"La foi du charbonnier"
Voici longtemps que je pense que Dieu, qui nous a créées intelligents,
ne peut pas nous en vouloir, au contraire, de nous poser bien des
questions. J’ai jadis osé interroger le site de l’Église Catholique en
France sur deux ou 3 points que je trouvais plutôt curieux dans les
évangiles (anachronisme, incohérence des paroles/faits) et j’ai alors
été dirigé avec profit sur les Cahiers Evangile n° 45 dont vous
trouverez là la présentation :
http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=7022 .
En un mot, il y a bien des choses à trier et reconsidérer. Ce que dit
Joseph Moingt de la Résurrection n’est pas très éloigné de ce qu’en
écrit St Jean (1 Jn 3,2) sur notre propre future résurrection : « dès
maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne
paraît pas encore clairement ». Voici belle lurette que ce que j’en
comprends, c’est que les apôtres ont eu l’évidence que Jésus était
toujours vivant et présent, mais pas comme un corps normal : il est là,
puis il disparaît, ou se fait reconnaître sans qu’on l’ait d’abord
reconnu (même Marie de Magdala qui l’aimait pourtant de près « Rabbouni
»). Mon cœur de foi ? « Dieu est Amour » et « Aimez-vous les uns les
autres » (...même ici) ! Ce qu’est Dieu, personne n’en « sait »
strictement rien, mais on le « croit ». Et on a, selon l’expression
consacrée, de bonnes raisons de le « croire ». Quant à ce qui se passera
après notre mort, on n’en « sait » pas plus, mais c’est précisément
l’objet de notre Espérance. Paix et joie à tous les (futurs) saints que
nous serons au Ciel par les mérites de Jésus-Christ.
"PapiSenior" - 31/10/2014 - forum "la vie.fr"
mardi 4 novembre 2014
Méditation sur Philippiens, 2,5-11.
Amis, je vous
livre ma méditation de ce matin sur le texte que nous propose
la liturgie de ce mardi.
La phrase à
laquelle je me suis particulièrement attaché :
« Le Christ qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. »
« Le Christ qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. »
C’est
autour du mot « condition » que j’ai
réfléchi et demandé lumière.
Elle m’a
été donnée par Roselyne Dupont-Roc qui, l’an
passé, avait laissé un mot à ce sujet dans
« Prions en Eglise », et par Joseph Moingt dans
son livre « L’homme qui venait de Dieu »
p.149.
R.Dupont-Roc
remarque que le mot « condition » est la
traduction du mot grec « morphè » :
« forme ». Il est plastique et peut exprimer
aussi bien la simple apparence que l’expression de
l’être-même. »
J. Moingt
explique ainsi la « condition » de vie de
Jésus, sa « nature » par rapport à
celle de Dieu: « De nature semblable et non la même,
elle peut être mise en condition de diminution ou de
détérioration car elle ne possède pas l’absolue
immuabilité de la pure nature incréée. »
Ainsi
avons-nous à nous demander qui est Jésus…
Comme ce
Jésus est proche de nous, et comme il nous rapproche de celui
qu’il nous demande d’appeler « Père »,
qu’il nomme lui-même : ABBA : (Papa).
Voilà
à quoi sert la méditation : mieux comprendre qui
je suis en comprenant mieux qui est Jésus, ce qui me fait être
autrement avec ceux qui sont semblables à moi.
Gilles
Lacroix 04.11.2014.
dimanche 19 octobre 2014
Un dynamiseur forain
Il est bien évident
que selon son âge, son expérience, son cheminement
spirituel et sa connaissance de l’histoire de l’ Eglise,
ce que l’on attend d’un prêtre évolue et se
finalise, du fait que nos besoins changent et s’affermissent.
Le baptisé découvrant sa nouvelle liberté de
paroles, dominé par l’ institution Eglise et interdit
pendant des siècles d’avis et d’ambition, veut en
définitive être accompagné dans son cheminement
et son engagement.
Mes expériences
m’ont permis de rencontrer, agir et surtout découvrir
Jésus-Christ, celui qui est différent de mon « caté »
d’il y a 50 ans, et en primordial complément, de prier
« grâce » à des prêtres
comme Bernard, Jean-Pierre et Charles. Ils ont à cette heure
plus de 80 ans chacun.
Si ma foi en Dieu, avec
son lot de mystères mais aussi de doutes, se trouve un peu
celle du « charbonnier », elle se confirme du
fait que je me suis de plus en plus libéré de rites et
d’une religiosité contraignants.
Si mes propos relevant
de la théologie sont imprécis, voire emprunts de
fantaisie, je reconnais au prêtre le droit de me remettre dans
un axe plus vrai et plus humble.
A la lecture
occasionnelle de l’ Evangile, je souhaite que le prêtre,
considéré comme un conseiller spirituel, théoriquement
un sachant, me fasse percevoir le message donné aux hommes.
De sa formation
spécifique et surtout de son engagement au service des hommes
en recherche de Vérité et de Sens à leur vie, j’
accepte que le prêtre soit un soutien, un guide, un dynamiseur
mais en aucun cas celui d’un directeur, d’un chef, d’un
prescripteur, en me rappelant à l’ordre et à mes
obligations.
Je désire que
lors d’une célébration, soit rappelé que
c’est l’ensemble des présents qui célèbrent,
commémorent et prient, que le prêtre est celui qui
préside, comme un « chef » de famille
offre, assiste, initie et participe autour d’une table lors
d’un repas, sans dirigisme, sans reproches ou « gros
yeux » si la parole est vivante, multiple, réfléchie
et spontanée.
De l’expression
« doyen forain », découverte tout
récemment, j’en apprécie tous les sens : le
sage qui apporte un plus spirituel à la communauté et
celui qui se déplace, visite, rencontre ceux et celles qui
désirent aller toujours mieux vers les autres.
Antoine Boudisseau
jeudi 16 octobre 2014
Quels prêtres pour demain ?
C’est la question que se posent les chrétiens engagés
dans différentes fonctions dans une paroisse le jour où leur curé se retire: ils craignent qu’on leur
impose un prêtre aux idées étroites ou un
étranger de culture différente, ou bien que la paroisse
soit agglomérée à un plus grand ensemble sous la
coupe d’un prêtre assurant la messe de plus en plus loin
des communautés locales.
Tout dépend de ce que l’on attend du prêtre. Si on
pense que l’essentiel, c’est son pouvoir de dire la
messe, alors on est prêt à accepter n’importe qui,
au risque qu’il récuse les diverses initiatives et
fonctions assumées par des laïcs pour revenir à
des façons de faire du passé – comme cela s’est
vu ici ou là –, au risque aussi de voir se déliter
les petits groupes animant les communautés locales si toutes
les activités sont centralisées dans le cadre d’un
grand secteur pastoral.
La question revient à celle-ci : la vie chrétienne
consiste-t-elle essentiellement à aller à la messe,
aussi loin qu’il soit nécessaire d’aller la
chercher ? Ou bien consiste-t-elle avant tout à se
nourrir de l’Évangile pour en vivre, ce qui n’est
pas une démarche solitaire mais communautaire ?
Si on pense que la priorité, c’est de s’imprégner
de l’Évangile dans des échanges entre chrétiens
d’une communauté locale, et si on pense qu’un laïc
peut animer une telle communauté, alors on n’attendra
pas que tout dépende du prêtre et on célèbrera
le dimanche localement sans que ce soit une messe: ce sera une célébration participative ayant une
signification eucharistique dans la mesure où l’on
évoque le don que le Christ a fait de sa vie et que l’on
se dispose à faire comme lui, de notre vie, un don aux autres.
Ce que l’on attendra alors du prêtre, c’est qu’il
soit un itinérant, un visiteur des communautés locales,
pour les enseigner, leur apporter une animation spirituelle, et
représenter l’évêque auprès d’elles,
les reliant ainsi à l’Église universelle,
présidant, lorsqu’il vient, une messe selon la liturgie
officielle de l’Église.
Vraiment, de la conception que l’on a du rôle du prêtre,
dépend la vie des communautés locales qui sont le
terreau où peut s’enraciner l’Évangile en
impliquant tous les chrétiens au plus près de leurs
lieux de vie. Ou bien le prêtre est le dispensateur d’une
messe qu’il faut aller chercher là où il est, de
plus en plus loin, aux dépens des communautés locales
qui se délitent, ou bien le prêtre est un animateur
spirituel qui vient visiter des communautés locales menant
leur vie chrétienne de façon autonome et qui les aide à
vivre authentiquement l’Évangile.
Pour donner des bases de réflexion aux chrétiens
engagés dans les paroisses et risquant de se trouver devant la
question du remplacement de leur curé, on pourrait faire venir
une personnalité compétente ayant des idées
ouvertes vers l’avenir. Il y aurait, par exemple, un exposé
suivi d’échanges par petits groupes et reprise finale
par le conférencier.
Guy de Longeaux
Méditation sur Ephésiens 1,4
La liturgie
de ce jour nous propose ce texte de l’apôtre Paul :
« en
Christ, Dieu le Père nous a choisis avant la création
du Monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et
irréprochables sous son regard. »
C’est
ce « avant la
création du monde » qui m’a attiré
l’esprit. Dèjà, souvent, Paul nous a, à
la suite de Jésus, dit que nous aurions, que nous avions la
vie éternelle…La vie éternelle c’est autre
chose que l’immortalité, pour autant que les mots aient
un sens.
Si
« immortel » signifie : qui n’a pas
de mort, « éternel » signifie : qui
n’a ni fin ni début ; ainsi proclamons-nous à
la fin de notre Credo que nous croyons que notre vie est éternelle.
Le texte aux
Ephésiens irait donc dans ce sens. Nous sommes dans la pensée
de Dieu, donc déjà dans la vie, déjà
« existant » avant la création du Monde.
Est-ce que cela ne viendrait pas éclairer le texte de la
Création, dans la Genèse ? Ce texte nous dit que
Dieu prit du limon de la terre pour en faire le corps de l’humain
puis lui souffla un souffle de vie. Ce souffle de vie, : « Vous
êtes Dieux et les Fils du Très-Haut ».
Voilà
qui va nous faire « gamberger », et sur ce qui
je suis…et sur qui est mon voisin, même mon ennemi ! ?
Gilles Lacroix
vendredi 23 mai 2014
Un billet de Gilles
Méditation sur Jean : 15,12-17,
proposée ce 23.05.014.
Les distractions au cours d’une
méditation, notre pape François, dans la célèbre interview donnée aux revues
jésuites, les reconnaît et semble y voir, pourquoi pas, des aspects positifs.
Ce matin, j’ai été arrêté dans
ma méditation sur le texte d’évangile proposé, par la proximité de trois mots :
commander, esclave et ami.
« Vous êtes mes amis si vous
faites ce que je vous commande »
« Je ne vous appelle pas
esclaves mais amis ».
Je suis allé voir dans mon gros
« Bailly » le sens du mot « entellomai » traduit par « je commande » ou « je
prescris ». Le premier sens donné par le dictionnaire est : « je recommande »,
puis vient : « je commande ».
Voilà, voilà, mes frères ! nous
n’allons pas assez aux origines, au sources. Je comprends maintenant que Jésus
m’appelle « ami » et pas « serviteur » : il ne me commande pas, il me
recommande< ;
Là, le « re » n’est pas
réitération du verbe commander mais adoucissement de sens. J’ai fermé mon
Bailly , soulagé dans mon esprit et épanoui dans mon coeur.
Je vous recommande l’exercice
du dictionnaire, pour la méditation.
Gilles Lacroix.
jeudi 1 mai 2014
Rites et spiritualité
Les rites
sacrés n’étouffent-ils pas la spiritualité en empêchant les relations
interpersonnelles alors que celles-ci sont le milieu de vie de la spiritualité ? Une chose
est le recueillement en commun lorsqu’il exprime un accord des personnes
donnant une même signification à ce qu’elles accomplissent, autre chose est
l’isolement de chacune dans l’obéissance à des injonctions sacrées.
Voyez ce
chrétien se rendant à la messe à peu près chaque dimanche. Il ne lui convient
pas de se soumettre à des rites qui s’imposeraient à lui au nom de leur
caractère sacré. Pendant les cantiques il reste muet, il ne baisse pas la tête
lors de la « consécration », il voit des enfants de chœur (ou
« servants d’autel ») qui se tiennent les mains jointes, et ça le
gêne, il voit certaines personnes s’avancer dans une attitude pieuse pour la
communion et faire une génuflexion avant de recevoir l’hostie sur la langue, et
ça le gêne. Il a l’impression que ces personnes s’aliènent dans des
postures convenues et des gestes
obligés, croyant se mettre ainsi en relation avec Dieu. Et, ce faisant, ces
personnes s’isolent les unes des autres, s’enfermant chacune dans son propre
jeu, dans son petit théâtre. Elles croient peut-être vivre ces rites en commun
avec les autres, mais c’est largement illusoire dans la mesure où les autres
n’entrent peut-être pas dans le jeu parce qu’ils ne perçoivent pas ces rites de
la même façon. Je pense à ce prêtre disant que, lorsqu’il concélèbre, il pense
qu’il ne donne sans doute pas du tout la même signification que son voisin aux
paroles qu’ils prononcent ensemble.
Selon Jésus,
parlant à la Samaritaine, Dieu n’est pas à chercher dans un lieu consacré, ni
en accomplissant des gestes rituels, mais « en esprit » — dans la
conscience — et « en vérité »
— dans la vérité de la vie, qui se fait dans les échanges entre les personnes.
Un théologien
nous réconcilie avec le sacré tout en en changeant le sens lorsqu’il écrit que ce
qui est sacré, ce sont les relations entre personnes :
« Le rite
chrétien sacralise avant tout la relation aux autres. L’espace sacré, ce n’est
pas le temple matériel. L’espace sacré, nous le lisons notamment chez saint
Paul, c’est notre corps, notre corps individuel, et c’est le corps social que
nous formons avec les autres…, celui que Paul appelle le corps du Christ. Et
qu’est-ce que le corps du Christ ? Eh bien, c’est l’ensemble des chrétiens
qui s’unissent les uns aux autres en vue de rayonner la fraternité autour
d’eux »[1]
Malheureusement, le chrétien dont on a parlé plus haut
s’ennuie à la messe. Un ministre du culte, dûment consacré pour cette fonction,
habillé d’ornements liturgiques, lit des textes vénérables en forme de prières
lourdes de considérations théologiques interminables qui ont beau être en
français — et non plus en latin, comme avant le concile Vatican II — et qui ont
beau n’être pas toujours exactement les mêmes d’un dimanche à l’autre, sont comme le bruit d’un fleuve qui s’écoule
sans autre répit qu’un cantique interrompant de temps en temps la cascade
fastidieuse. Et, pendant ce temps, les voisins sont là sans que l’on puisse
rompre le silence avec eux, ce silence bruyant
qui occupe les trois quarts de la durée de la messe.
On est loin de
la convivialité et de la profondeur des échanges qu’elle permettait lors de la
Cène de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort.
Guy de Longeaux
Penser et croire en toute liberté
« Penser et croire en toute liberté ». Il ne s’agit pas
seulement ainsi de défendre la liberté de la foi et de la conscience, mais
aussi et surtout la volonté d’unir la pensée et la foi. […] La foi ne saurait
correspondre à une sorte de mépris de la réflexion. Certes, il ne s’agit pas de
prouver l’existence de Dieu, mais bien plutôt de prêcher un Dieu crédible. Il
n’est pas absurde de croire en Dieu. […] Bien des formulations
traditionnelles constituent aussi un repoussoir pour des hommes et des femmes
désireux d’accorder leur foi avec l’apport des Lumières en tenant compte de la
raison critique et des contextes culturels et scientifiques de l’homme moderne. […] La foi dit oui en dépit de tout ce qui nous
pousse à dire non. Elle est jour après jour un doute à la fois légitime et
surmonté.
Comment ne pas partager avec nos frères protestants libéraux cette devise due à Laurent Gagnebin ? (site Evangile et Liberté)
dimanche 27 avril 2014
Le pape Jean-Paul II canonisé…
... malgré quelques
réserves.
Extrair d’un article publié par Associated Press le vendredi 25 avril 2014 .
- Le pape Jean-Paul II fut l’un
des principaux artisans de l'effondrement du communisme en Europe de l'Est. Ses
nombreux voyages à l'étranger et sa façon de rappeler les enseignements de
l'Église ont grandement inspiré une nouvelle génération de catholiques à l'aube
du XXIe siècle.
Mais son pontificat n'est pas sans tache. Le scandale des agressions
sexuelles commises par des hommes d'Église aura terni le règne de 26 ans de
Jean-Paul II, qui sera canonisé dimanche à Rome.
Le pape et ses proches conseillers n'ont commencé à saisir la gravité du problème qu'à la fin de son pontificat, même si les évêques américains les avaient priés de trouver une façon d'exclure les prêtres pédophiles dès la fin des années 1980.
Jean-Paul II a vu trop de prêtres faussement accusés de crimes imaginaires sous les régimes nazis et communistes pour ne pas se méfier des accusations portées contre les religieux pédophiles. Le déclin du clergé après les turbulentes années 1960 l'a sans doute influencé: il ne voulait pas perdre les trop peu nombreux prêtres qui restaient encore fidèles au sacerdoce.
L'actuel pape François a hérité du pire cafouillage de Jean-Paul II en matière d'agressions sexuelles: la congrégation de la Légion du Christ, considérée comme un modèle par le souverain pontife polonais. François, qui canonise Jean-Paul II ce dimanche, doit maintenant décider s'il ira de l'avant avec la réforme vaticane imposée après que la Légion eut reconnu que son fondateur avait agressé des séminaristes et était le père de trois enfants.
Mais l'aveu de la Légion à propos de la double vie de Marcial Maciel n'était pas une révélation pour le Vatican. Des documents provenant des archives vaticanes démontrent que plusieurs papes — dont Jean XXIII, qui sera lui aussi canonisé dimanche — n'ont pas tenu compte des affirmations crédibles voulant que Maciel était un escroc, un drogué, un pédophile et un fraudeur…/…
Le pape et ses proches conseillers n'ont commencé à saisir la gravité du problème qu'à la fin de son pontificat, même si les évêques américains les avaient priés de trouver une façon d'exclure les prêtres pédophiles dès la fin des années 1980.
Jean-Paul II a vu trop de prêtres faussement accusés de crimes imaginaires sous les régimes nazis et communistes pour ne pas se méfier des accusations portées contre les religieux pédophiles. Le déclin du clergé après les turbulentes années 1960 l'a sans doute influencé: il ne voulait pas perdre les trop peu nombreux prêtres qui restaient encore fidèles au sacerdoce.
L'actuel pape François a hérité du pire cafouillage de Jean-Paul II en matière d'agressions sexuelles: la congrégation de la Légion du Christ, considérée comme un modèle par le souverain pontife polonais. François, qui canonise Jean-Paul II ce dimanche, doit maintenant décider s'il ira de l'avant avec la réforme vaticane imposée après que la Légion eut reconnu que son fondateur avait agressé des séminaristes et était le père de trois enfants.
Mais l'aveu de la Légion à propos de la double vie de Marcial Maciel n'était pas une révélation pour le Vatican. Des documents provenant des archives vaticanes démontrent que plusieurs papes — dont Jean XXIII, qui sera lui aussi canonisé dimanche — n'ont pas tenu compte des affirmations crédibles voulant que Maciel était un escroc, un drogué, un pédophile et un fraudeur…/…
…/…Robert Ghal, un théologien à l'Université
pontificale de la Sainte-Croix, à Rome, estime qu'il aurait été dans l'intérêt
de l'Église de mener une enquête exhaustive sur ce scandale, y compris dans les
«recoins du Vatican» où l'influence des anciens appuis de Maciel se fait
toujours sentir.
«Jean-Paul II n'aurait jamais laissé se poursuivre les agressions sexuelles », estime-t-il. « Celui qui pouvait regarder les dictateurs dans les yeux n'aurait jamais abdiqué ses responsabilités de traduire en justice ceux qui ont commis des agressions sexuelles ou morales. L'histoire demande de la clarté. Le moment est venu pour cela.»
«Jean-Paul II n'aurait jamais laissé se poursuivre les agressions sexuelles », estime-t-il. « Celui qui pouvait regarder les dictateurs dans les yeux n'aurait jamais abdiqué ses responsabilités de traduire en justice ceux qui ont commis des agressions sexuelles ou morales. L'histoire demande de la clarté. Le moment est venu pour cela.»
jeudi 24 avril 2014
Le père dominicain Maurice Barth est très récemment décédé
C'était - entre autres - un
spécialiste de Amérique latine , très
attaché à Mgr Oscar Romero ( l'évêque assassiné en pleine messe par des
tueurs protégés par le gouvernement d'alors ).
En juin 2013, il a publié un
livre assez pessimiste "Où va mon Eglise ? Réflexions crépusculaires"
dans la collection "Chemins de traverse".
Extraits des dernières pages :
Tous les silencieux ont perdu
espoir que le système puisse bouger un jour, ou ont peur que leur foi soit
ébranlée. En effet, l’Évangile a tellement été alourdi par l’énorme travail
dogmatique et ecclésial que la foi a fini par se confondre avec le système qui
le transmet. Au point que si on critique l’interprétation du message
évangélique par la tradition ecclésiale, on a l’impression de toucher le cœur
de la foi… La foi est devenue si étroitement liée à ce qu’en dit l’institution qu’on ne peut critiquer celle-ci sans toucher à celle-là.
L’assemblée des croyants –
l’ecclésia – s’est réduite à une institution qui, au cours des siècles, a
transformé l’annonce de la foi en défense de la foi, qui est finalement devenue
une autodéfense tout court. L’institution Église ne semble pas ressentir la
nécessité de changer. …
Post scriptum :
Ce qui précède avait été rédigé
en 2012, et rien ne doit être modifié, mais je voudrais ajouter ce qui
suit : en mars 2013 il y a eu au Vatican l’élection du pape François, qui
pourrait faire repartir l’espérance, car il s’est posé d’abord comme pasteur,
il a débloqué le dossier de la béatification de Mgr Oscar Romero et il a émis
quelques doutes sur la légitimité de la banque du Vatican ; ces trois
interventions sont symboliquement importantes.
L’avenir nous dira si le pape
François pourra alimenter cet espoir de façon crédible.
vendredi 4 avril 2014
Pape François : le philosophe qui influence son pontificat
Le programme du pontificat de François, qui met l’accent sur la pratique de l’Evangile, concorde avec la pensée du philosophe uruguayen Alberto Methol Ferré, pour qui cette pratique est la meilleure réponse à l’idéologie aujourd’hui dominante.
© DR
Elisabeth de Baudoüin
3/04/2014
« Le Pape et le philosophe ». Ce livre interview paru en 2007, qui vient d’être réédité en Argentine et édité pour la première fois en Italie, permet de mieux comprendre la pensée du pape François et son jugement sur le monde d’aujourd’hui. C’est ce que rapporte le journaliste vaticaniste italien Sandro magister.
L’auteur de cet ouvrage, l’uruguayen Alberto Methol Ferré, décédé en 2009 à l’âge de 80 ans, comptait parmi les amis du cardinal Bergoglio. Il rendait souvent visite à ce dernier, depuis Montevideo, où il vivait. Quand le livre parut, l’archevêque de Buenos Aires en fit une présentation, soulignant sa « profondeur métaphysique ». Bergoglio, qui parlait de Methol Ferré comme d’un « génial penseur », considérait qu’il avait mis à nu la nouvelle idéologie dominante : « l’athéisme libertin » ou « hédoniste », explique Sandro Magister.
Qu’est-ce que l’athéisme libertin ? Une forme de pensée où Dieu n’est pas nommé, et où l’idée que l’existence humaine est destinée au plaisir a remplacé le messianisme d’inspiration marxiste (celui-ci ayant périclité - peu ou prou - avec la chute du communisme au siècle dernier).
Bergoglio en a parlé comme d’un « théisme nébulisé ou diffus, sans incarnation historique, créateur de l'œcuménisme maçonnique, dans le meilleur des cas ». Pour Methol Ferré, derrière cette pensée unique et totalitaire, se cache un besoin caché de beauté.
Selon ce philosophe, l’Eglise est la seule instance capable de lutter contre cette nouvelle pensée dominante qui, selon Bergoglio, « constitue l’atmosphère du temps où nous vivons, le nouvel opium du peuple ». A son avis, il ne s’agit pas de s’y opposer par la dialectique, et encore moins par des interdits ou des règles abstraites. Cette pensée étant moins une idéologie qu’une pratique, c’est une – autre – pratique qu’il faut en effet lui opposer. Celle de l’Evangile, « intellectuellement bien équipée », parait la mieux à même de l’affronter.
Mettre l’Evangile en pratique au quotidien : c’est exactement ce que François appelle inlassablement à faire, que ce soit le matin à Sainte Marthe, dans ses interventions Place Saint Pierre, plus largement dans toutes ses rencontres avec le Peuple de Dieu. En mettant ainsi l’accent sur le « vécu » et en proposant les valeurs de l’Evangile comme un code de bonheur, capable de soigner les cœurs blessés et nourrir les âmes affamées, il propose une vraie alternative à la culture hédoniste dominante. L’Eglise, dont le pape boit le lait depuis sa plus tendre enfance, n’a pas attendu le « génial penseur » pour appeler à pratiquer l’Evangile. Ceci dit, la pensée de Ferré n’est peut-être pas tout à fait étrangère au programme du pontificat de François.
L’auteur de cet ouvrage, l’uruguayen Alberto Methol Ferré, décédé en 2009 à l’âge de 80 ans, comptait parmi les amis du cardinal Bergoglio. Il rendait souvent visite à ce dernier, depuis Montevideo, où il vivait. Quand le livre parut, l’archevêque de Buenos Aires en fit une présentation, soulignant sa « profondeur métaphysique ». Bergoglio, qui parlait de Methol Ferré comme d’un « génial penseur », considérait qu’il avait mis à nu la nouvelle idéologie dominante : « l’athéisme libertin » ou « hédoniste », explique Sandro Magister.
Qu’est-ce que l’athéisme libertin ? Une forme de pensée où Dieu n’est pas nommé, et où l’idée que l’existence humaine est destinée au plaisir a remplacé le messianisme d’inspiration marxiste (celui-ci ayant périclité - peu ou prou - avec la chute du communisme au siècle dernier).
Bergoglio en a parlé comme d’un « théisme nébulisé ou diffus, sans incarnation historique, créateur de l'œcuménisme maçonnique, dans le meilleur des cas ». Pour Methol Ferré, derrière cette pensée unique et totalitaire, se cache un besoin caché de beauté.
Selon ce philosophe, l’Eglise est la seule instance capable de lutter contre cette nouvelle pensée dominante qui, selon Bergoglio, « constitue l’atmosphère du temps où nous vivons, le nouvel opium du peuple ». A son avis, il ne s’agit pas de s’y opposer par la dialectique, et encore moins par des interdits ou des règles abstraites. Cette pensée étant moins une idéologie qu’une pratique, c’est une – autre – pratique qu’il faut en effet lui opposer. Celle de l’Evangile, « intellectuellement bien équipée », parait la mieux à même de l’affronter.
Mettre l’Evangile en pratique au quotidien : c’est exactement ce que François appelle inlassablement à faire, que ce soit le matin à Sainte Marthe, dans ses interventions Place Saint Pierre, plus largement dans toutes ses rencontres avec le Peuple de Dieu. En mettant ainsi l’accent sur le « vécu » et en proposant les valeurs de l’Evangile comme un code de bonheur, capable de soigner les cœurs blessés et nourrir les âmes affamées, il propose une vraie alternative à la culture hédoniste dominante. L’Eglise, dont le pape boit le lait depuis sa plus tendre enfance, n’a pas attendu le « génial penseur » pour appeler à pratiquer l’Evangile. Ceci dit, la pensée de Ferré n’est peut-être pas tout à fait étrangère au programme du pontificat de François.
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dimanche 9 mars 2014
CHERCHEZ… ET VOUS TROUVEREZ (MT7,7)
Nous savons qu’à l’aube de l’humanité, l’homme très vite se pose des questions par rapport aux forces naturelles qu’il ne peut contrôler. Il croit qu’il y a une force secrète derrière chaque chose qui est bienveillante quand elle donne et malveillante quand elle prend. Cette force secrète, il va l’appeler dieu, le dieu de l’eau, le dieu de la terre… Mais ce dieu peut être la pire des choses quand il envoie une tornade ou un incendie et la meilleure des choses quand il envoie une pluie fertilisante ou un feu qui réchauffe. Il faut donc s’attacher les dieux pour qu’ils soient favorables aux hommes. Pour cela, il faut les connaître, les nommer, les situer et donc leur donner une histoire et un lieu de vie. La plupart de ces forces naturelles viennent des cieux, qui sont inaccessibles à l’homme, c’est donc là qu’habitent les dieux, pense-t-il. Quand à leur histoire, il s’inspirera tout simplement de sa propre histoire pour écrire celle des dieux. C’est ainsi que l’homme donne aux dieux ses qualités et ses défauts, mais à la super puissance. A ceux-ci rien n’est impossible, ni dans le don, ni dans la vengeance. Il faut donc vivre en harmonie avec eux, et pour cela, il vaut mieux ne pas attendre leur intervention, mais infléchir leur volonté. C’est ainsi que l’homme créera des rites pour parler aux dieux et des sanctuaires pour officier. Il invente les incantations et les prières, les sacrifices allant de l’offrande du végétal, en passant par le sacrifice animal pour arriver au sacrifice humain. C’est que le dieu finira toujours par répondre en envoyant enfin la pluie, la paix… tout finit toujours par arriver, mais parfois cela dure et c’est pourquoi l’homme donnera chaque fois aux dieux quelque chose qui lui est de plus en plus cher jusqu’au moment où il sera exaucé.
Le judaïsme à travers le personnage d’Abraham choisira de donner sa confiance à un seul Dieu, créateur de toutes les forces naturelles. Il découvrira qu’il ne peut aimer un dieu sanguinaire qui demande des sacrifices humains et nous donnera l’image d’un dieu qui veut la vie et non la mort. Quel grand tournant pour l’histoire de l’humanité ! Plus tard encore, Jésus par son enseignement induira l’idée à ceux qui deviendront chrétiens après sa mort, d’abolir les sacrifices d’animaux. Nouveau pas en avant dans la civilisation !
Pour nous chrétiens, il nous reste donc la prière, les rites, les sanctuaires et sans doute pour nombre d’entre-nous l’héritage d’une façon de penser et d’agir comme nos lointains ancêtres. C’est-à-dire demander tout à Dieu et prier sans cesse pour obtenir ce que l’on désire, en utilisant des enchères. Non plus des sacrifices d’animaux ou d’humains, mais des mortifications, des privations, des offrandes de bougies, des pèlerinages, des recherches d’indulgences… en allant même jusqu’à payer des congrégations priantes afin d’avoir une valeur ajoutée à nos demandes.
Mais qui est ce Dieu que l’homme prie aujourd’hui ?
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