Lorsqu'on me demande à quelle religion j'adhère,
je réponds que je suis une libre penseuse chrétienne. Certains s'étonnent de
cette appellation ou affirment même que ce n'est pas compatible avec une
religion. C'est pourquoi, je voudrais dire ici combien cette formulation de
ma démarche a, pour moi, toute son importance.
Tout d'abord, elle m'évoque un chemin parallèle à
celui de Jésus qui était lui-même un libre penseur juif. Jésus était-il
fidèle à Dieu ou au Temple ? Jésus ne s'est jamais laissé embrigader par
aucune des tendances existantes de son époque. Il a toujours gardé sa
liberté. Son seul engagement était de partager l'amour de son Dieu en se
mettant au service des "plus démunis de la vie" qui vivaient au
sein de toutes les composantes de la société ; samaritains, romains,
cananéens… Il ne faisait même pas de prosélytisme : "Lève-toi et
retourne chez toi". Mc 2,10-12 dit-il. Il n'a créé aucune religion,
aucune Eglise, il n'a prôné aucune hiérarchie.
Pour celui qui se
dit chrétien, le plus important est-il de se référer à une Eglise, ou de se
référer au message de Jésus ?
Une Eglise, laquelle ? Catholique, orthodoxe,
anglicane, luthérienne, pentecôtiste… ? Il y en a tellement qu'elles sont
signes de division du message évangélique, puisque chacune prétend être la
seule à détenir La Vérité !
Si l'option de se référer au message de Jésus est
choisie, les clivages ne sont plus importants. On est chrétien avant tout et
l'on se sent libre par rapport aux tendances séparatistes et dogmatiques.
Finies dès lors, les guerres de religion chrétiennes entre détenteurs de La
Vérité, à propos de rites et de traditions, engendrant intolérance, racisme,
souffrance et morts.
Tout le parcours de Jésus nous montre un homme qui
se réalise dans un chemin de liberté !
C'est un homme d'une incroyable témérité qui ose
prendre d'énormes distances pour son époque et sa culture avec le Temple et
les Docteurs de la Loi "Vous avez entendu qu'il a été dit… eh bien,
moi je vous dis que…" Mt.5,21… et aussi avec sa famille "Qui
est ma mère ? et mes frères ?" Mc 3.,20-21 ;31-35 , nous montrant
ainsi un chemin de liberté qui permet à l'homme de se lever et vivre debout.
Se faire sa propre opinion et être libre de vivre sa vie, sans oublier de voir,
d'entendre et de répondre aux appels des malmenés qui l'entourent.
La relecture des Ecritures avec l'aide des exégètes,
théologiens, philosophes, penseurs contemporains de tradition juive comme par
exemple H-S Kushner…, de tradition catholique comme G.Bessière, J-P Charlier,
B.Feillet, O.Mainville, J. Meier, J. Musset, A. Wenin…, de tradition
protestante comme D. Marguerat, R. Parmentier, H. Persoz, J-S Spong… nous
fait découvrir ce chemin de liberté.
Il nous faut être nomade et quitter les certitudes
enseignées. Renaître et tracer son propre chemin avec le terreau de notre
enseignement revisité par notre propre jugement. Il est indispensable de
couper le cordon ombilical avec ses géniteurs et ses maîtres, pour devenir
soi-même. Pour cela, les textes bibliques nous indiquent des chemins
possibles. Ce n'est qu'après avoir mangé ces textes, nous en être nourris,
les avoir digérés à travers nos expériences de vie personnelle, que nous
pourrons les faire nôtres, de notre propre autorité et en vivre. Ces relectures
donnent un autre sens à notre vie. |
...................................en recherche d'un christianisme plus proche des Evangiles.
samedi 11 avril 2015
Libres Penseurs et Chrétiens ?
dimanche 8 février 2015
Quelle était la question ?
Le religieux peut être malade. Le
dogmatisme (je ne dis pas toute réflexion dogmatique) est une maladie du
religieux dans laquelle les réponses ont pris la place des questions. On
fabrique alors des questions taillées à la mesure des réponses que l'on
possède. Ce sont peut-être des questions que personne ne pose plus, mais que
devraient (dit-on) se poser les croyants. Dans un cadre de dogmatisme triomphant,
le propre du croyant est de poser les bonnes questions, c'est à dire celles
pour lesquelles les théologiens ont une réponse. Les anciennes réponses ont
jadis fait leurs preuves, c'est pourquoi elles peuvent paraître assurées.
C'est oublier qu'une nourriture qui a déjà servi ne peut justement plus être
assimilée.
Je me souviens que dans un bureau
du service de radio-télévision protestante à Paris, a figuré longtemps un
dessin humoristique où l'on voyait un défilé derrière une pancarte qui proclamait:
"Christ est la réponse" ! Cependant qu'un passant -sans doute un
peu distrait- demandait : "Quelle était la question ?".
En faisant de Jésus la réponse à
une question qui n'est pas posée, on fait du Maître un objet inutile. A
placer au grenier, comme une valeur de brocante. Nos caves et nos greniers
sont pleins, mais la maison est-elle habitable? Les bibliothèques sont
riches, mais le puits est sec et le four à pain ne fonctionne plus guère. On
pense honorer la vrait en vénérant les objets qui autrefois la signifiaient.
Mais alors nous risquons d'être comme ces médecins de Molière qui savaient
bien parler des maladies, mais non les guérir. Ou bien comme ces savants dont
parle Montaigne, qui optent volontiers pour un langage inaccessible au vulgaire
"pour ne découvrir la vanité de leur art".
L'homme ordinaire qui s'adresse à
d'autres hommes ordinaires est aujourd'hui prié de faire la preuve qu'il sait
de quoi il parle. C'est ce qu'on exige de tous les vendeurs, quelque soit
leur marchandise. Dis-moi qui tu es et je suis prêt à croire ce que tu dis.
Non le contraire.
Nous n'avons que faire d'une
religion qui nous propose des réponses sans entendre nos questions. Les vieux
habits doivent être changés à mesure que le corps prend forme. Et voici qu'on
voudrait revêtir un corps nouveau d'un vieil habit taillé autrefois. Un habit
bariolé dont tous les siècles ont fourni une pièce de couleur et de texture
différentes. Un habit par endroits usé jusqu'à la corde, mais surtout trop
étroit pour le corps qu'il prétend vêtir. De fait, l'habit chrétien comporte
quelques pièces étranges, ‑ souvenir d'un temps où la mode avait d'autres
exigences. Mais un corps en mutation -dont la forme n'est pas entièrement
connue- ne peut être revêtu d'un habit taillé aux époques anciennes. Et
comment reconnaît-on la forme que prend ce corps-là ? C'est aux questions
qu'il pose. Il les pose parce qu'elles se posent lui; non parce qu'il a appris qu'elles
devaient être posées.
Jacques Chopineau
|
Ex site prolib.net
vendredi 23 janvier 2015
Pouvoir et miséricorde
Il a voulu s'appeler François, comme le Poverello
d'Assise, le « frère mineur » de tous, et à chaque mois qui passe il
devient de plus en plus clair que la miséricorde est son critère et son
programme d'action. Ceci est l'essentiel. C'est encourageant de savoir
qu'il a tout pouvoir pour reformer l'Église, et faire d'elle seulement
le témoin de la miséricorde. Oui, le pouvoir du pape est aujourd'hui un
motif d'espérance, mais le pouvoir de la papauté est, pour demain,
justement le problème : le prochain pape, dans dix ans, pourra exercer
le pouvoir absolu pour éteindre l'espoir ecclésial que François nous a
rendu. Que le pouvoir absolu disparaisse dans l'Église, pour que perdure
le primat de la miséricorde !
Joxe Arregi
mardi 6 janvier 2015
Hommage au pasteur Jacques Fischer
Le pasteur J. Fischer nous a quittés subitement la semaine de Noël.
Jacques Fischer est le fondateur
et animateur du groupe Gospel "les Compagnons de l'Arche" qui se
produisit à Blois à l'invitation du père Viot (qui fut son collègue dans l'Eglise Réformée) - qui
aussi a permis à nos petites paroisses de Sologne de profiter
d'excellents concerts qui étaient aussi des veillées de prière. On put
ainsi applaudir ces Compagnons qui se situaient dans la lignée du "Golden Gate
Quartet" lors de mémorables concerts à Neung sur Beuvron, Salbris, Yvoy-le-marron, Dhuizon,
Montrieux en Sologne.
Après sa magnifique et chaleureuse prestation de mai dernier à Neung sur Beuvron,
nous l'avions sollicité ( nous les frondeurs de CER 41) pour envisager une nouvelle prestation dans le Blaisois dans le courant de cette nouvelle année.
Il nous avait prestement répondu :
" Cher Pierre
Prêts à venir quand vous voulez et où vous voulez!
t'ai -je répondu au sujet d'un concert éventuel début 2015 près de Blois?
Bien sûr on dira oui: il faut articuler une date et conjuguer cela avec un autre concert
dont tu m'as déjà parlé.Bon été..."
Hélas, il n'y aura pas de concert début 2015: nous n'avons pas su convaincre nos amis de CER41 et...il aurait fallu annuler
Hélas, il n'y aura pas de concert début 2015: nous n'avons pas su convaincre nos amis de CER41 et...il aurait fallu annuler
Merci Jacques,
Nos portons ta chère épouse dans nos prières .
Bernard M. et Pierre vW.
Bernard et Pierre
dimanche 14 décembre 2014
Assemblée générale de Parvis
L'Assemblée Générale de Parvis s’est tenue à Rezé, près de Nantes, les
28-29-30 novembre 2014.
CER 41 y était représenté par Gilles Lacroix (avec pouvoirs)
et Guy de Longeaux (observateur)
123 participants y représentaient
28 associations (sur 41 adhérentes à Parvis). Le thème
général était : « Qui est mon
prochain dans une société multiculturelle ? »
L’évêque
de Nantes avait envoyé un message à l’AG lui
souhaitant « une réflexion fructueuse ».
Évènements
soulignés :
- Parvis a adhéré à l’IMWAC (International Movement We Are Church)
- l’excommunication de Martha Heizer, présidente de l’IMWAC et de son mari Gert , Autrichiens, accusés d’avoir fait (d’ailleurs depuis longtemps) des eucharisties sans prêtres.
- initiatives pour une paix juste en Palestine (Parvis a proposé un groupe de travail au Conseil de l’Europe : co-développement, droit de l’homme, immigration…)
- synode sur la famille : document de synthèse envoyé
- voyage récent en Algérie d’une trentaine de personnes de Parvis qui ont rencontré des communautés chrétiennes et musulmanes, ainsi que des universités (où les femmes sont majoritaires)
Orientations
pour 2015 :
- l’international : atelier Afrique avec Hugo Castelli, participation à « Concile 50 », réunion à Rome en novembre 2015 d’environ 200 représentants d’associations telles que Parvis pour le 50ème anniversaire du Concile
- les jeunes : accompagnement de l’équipe dirigeante de la JEC voulant relancer ce mouvement et adhérer à Parvis. Marie Damiens, de l’équipe dirigeante de la JEC, était présente. Elle est du Loir-et-Cher.
- la revue Parvis recherche des abonnés et pourrait reprendre 2 revues qui disparaissent : Jonas et Jésus, cahiers de libre avenir. Envoyer à la revue des compte-rendu d’activité des associations ; envoyer des contributions (une « relecture théologique des actions que l’on fait localement »)
- La cotisation est fixée pour 2015 à 2,50 € x nombre d’adhérents de chaque association
mercredi 10 décembre 2014
La Cène : ni trop, ni trop peu.
D'après un texte de André
Gounelle ainsi intitulé
|
présenté et commenté par Alain
Dupuis.
|
Au moment du Concile Vatican II,
Karl Barth écrivait au Père Yves
Congar : "Comment pouvez-vous accorder une telle importance à
l'eucharistie, alors que dans le Nouveau Testament elle occupe si peu de
place ?" Deux remarques montrent la pertinence de cette question de
Barth, qui, au premier abord, peut étonner.
|
André Gounelle
|
(Tous
les propos qui sont de la plume même de l'auteur sont en italique).
André Gounelle, protestant d'origine cévenole, occupa divers postes d'aumônerie et pastoraux, avant d'être nommé professeur à la Faculté de Théologie Protestante de Montpellier, jusqu'à sa retraite. Parmi ses nombreux ouvrages, on recommande la lecture de son " Parler du Christ", paru chez Van Dieren (Paris) en 2003. Karl Barth : théologien protestant (1886 – 1968), incontournable dans l'histoire de la théologie chrétienne du 20ème siècle. Il fut observateur au Concile Vatican II. Yves Congar : théologien catholique français, dominicain, dont l'œuvre courageuse, rigoureuse et novatrice, touchant en particulier l'Ecclésiologie, marqua profondément l'avant-concile et le concile Vatican II où il fut expert. Très malade et très éprouvé par des persécutions vaticanes, il fut finalement réhabilité et fait cardinal peu avant sa mort. |
mercredi 26 novembre 2014
Hors des sentiers battus...
Les éditions Temps Présent *viennent de publier un nouveau
livre « JESUS UNE VIE HORS DES SENTIERS BATTUS » de notre ami Guy de
Longeaux. Une passionnante enquête qui atténue l’image du magicien
faiseur de miracles et le resitue dans son époque, en s’appuyant sur les
travaux de théologiens et d’historiens. Dans la lignée de Jacques
Duquesne qui a écrit la préface il nous raconte le destin
extraordinaire de cet homme ordinaire. Il se livre aussi à une analyse des forces et des faiblesses de l’Eglise d’aujourd’hui
et appelle à retrouver les forces de
l’ESPRIT .
*Temps Présent est par ailleurs co-éditeur de la revue du « Réseau
du Parvis », fédération qui regroupe une cinquantaine d’associations ( dont "Chrétiens en Recherche 41" ) de catholiques réformateurs et de protestants libéraux,
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