vendredi 27 mai 2011

Pouvoir corrupteur


La volonté de conquérir le pouvoir - et de le garder ce qui n'est pas toujours plus facile - est certes une triste constante de notre humanité imparfaite. Mais le plusrévoltant en ce qui concerne l'institution ecclésiastique n'est certes pas le prurit de pouvoir mais le détournement de l'Evangile lui-même. Sans doute, il serait illusoire etdangereux de rêver d'une Eglise pure et depurs. Pour autant, cette distorsion récurrente doit entretenir en réponse notre vigilance éclairée et inlassable. Sans doute nul n'est parfait ou pur. Mais il est insoutenable de prétendre l'être et de s'imposer alors comme donneur de leçons à l'endroit de tout le reste de l'humanité pris de haut. Nous touchons là du doigt la raison du discrédit, parfois sourd mais néanmoins profond, dont est aujourd'hui l'objet une institution catholique prise en
défaut alors qu'elle se rengorge de son autorité. Il ne faudrait certes point donner à des intrigues mesquines et malodorantes l'importance qu'elles n'ont pas. Et n'auront jamais. Mais, quelquefois, la goutte qui fait déborder le vase nous invite à une certaine vérité évangélique.

Romano Libero - Janvier 2011

LIBRE PENSEE UNIQUE

Marre ! Marre des mots aseptisés, des phrases stérilisées, des ronds de jambes sémantiques et des langues tournées sept fois, qui finissent par recracher des banalités incolores, inodores et insipides.
Marre des stéréotypes, des uniformes et des petits nœuds bien comme il faut là où il faut.
Marre des étiquettes, des classements et des clubs dans lesquels on se retrouve enfermé et dont on n’a pas d’autre choix que d’en accepter les règlements d’ordre intérieur, faute de quoi on se retrouve censuré voire banni (tant mieux !)

lundi 4 avril 2011

Notes de lecture

Joseph Moingt, Croire quand même, Libres entretiens sur le présent et le futur du catholicisme, éd. Temps présent 2010, 244 pages.
  • Ce n’est ni une description de la situation présente de l’Eglise catholique, ni une prédiction de son avenir. C’est plutôt un cri d’alarme attirant l’attention sur un système de fonctionnement qui, s’il n’est pas remis à jour, menace de faire couler le grand paquebot catholique, déjà en mauvaise posture. Mais ce n’est pas seulement un cri d’alarme, c’est aussi une mise en évidence des ressources existantes qui permettraient sa rénovation.

lundi 14 février 2011

Déclaration des 143 théologiens allemands

  • « L’ÉGLISE EN 2011 ; prendre un nouveau départ est une nécessité »
    143 théologiens ont signé un document publié dans le Süddeutsche Zeitung du 3 février 2011 .
Des traductions intégrales de ce document sont disponibles sur deux sites que vous pouvez consulter à partir des liens figurant sur la page de garde de notre Blog:
  • - PARVIS, qui publie également les noms des signataires.
  • - JONAS, qui publie aussi un commentaire de Jean Rigal à ce texte.


Par ailleurs on trouvera:

  • sur le site de la Conférence des baptisé(e)s (lien) un commentaire de Mmes Soupa et Pédotti, assorti de 46 (à ce jour...) réponses de lecteurs
  • sur le site GOLIAS (lien) un commentaire assorti (à ce jour) de 47 réponses de lecteurs

De quoi se faire une opinion!

samedi 5 février 2011

Le billet de Gilles

  • Marc 6/30-34.
    Jésus, homme.




  • Les apôtres reviennent de mission et racontent à Jésus ce qui leur est arrivé, ce qu'ils ont fait. Jésus les voit bien fatigués et leur propose de venir à l'écart, vers un lieu plus "désert", car un tas de gens sont là, allant et venant...sans doute des gens qui ont suivi tel ou tel apôtre de retour de mission. Comme ils n'arrivent pas à se trouver entre eux, Jésus propose qu'ils prennent la barque...




Arrivés au débarquement, les gens sont encore là: ils ont deviné où pouvait bien se rendre Jésus.
Jésus voit tous ces gens qui attendent de lui quelque chose, des choses différentes pour chacun, sans doute mais surtout une parole réconfortante.
Marc écrit que, là, Jésus est ému "aux entrailles" il est remué au fond de lui-même. Qu'est-ce que ça a dû lui faire, quelle émotion au profond, au coeur, aux tripes de cet homme Jésus!
C'est bon de se rendre compte que Jésus est homme comme nous.




  • Gilles Lacroix - 05.02.2011.

lundi 17 janvier 2011

Suis-je libre ?

  • Jacques ELLUL
    « La subversion du christianisme »
    Seuil - 1984
    Extraits:




  • Ce que l’homme veut quand il parle de liberté, c’est : ne pas être soumis à un autre, pouvoir faire ses quatre fantaisies et aller où il en a envie. Guère au-delà. Ce qu’il ne veut pas, mais pas du tout, c’est devoir prendre en charge sa vie et être responsable de ce qu’il fait. C’est-à-dire qu’il ne demande en rien la liberté ! /... / il veut surtout le confort et la sécurité dans tous les domaines. Sécurité par la police. Sécurité sur les routes. Sécurité pour la maladie, le chômage, la solitude, la vieillesse…/…/ et cela en échange de la liberté. En effet la liberté peut tout vous donner en vous demandant d’être, sauf la sécurité. La sécurité est toujours et inévitablement payée du prix de la liberté.
    Ce n’est pas vrai que l’homme veuille être libre. Ce qu’il voudrait, ce sont les avantages de l’indépendance, sans avoir aucun des devoirs et des duretés de la liberté. Car la liberté est dure à vivre. La liberté est terrible. La liberté est aventure…/Il n’y a de liberté que dans un contrôle permanent de soi-même et dans l’amour de celui qui m’est proche.
    L’amour suppose la liberté et celle-ci ne s’épanouit que dans l’amour. C’est pourquoi Sade est bien le plus grand menteur de tous les siècles. Ce qu’il a montré et appris aux autres, c’est la voie de l’esclavage sous le discours de la liberté. La liberté ne peut jamais exercer de puissance. Il y a coïncidence entière entre la non-puissance et la liberté. Exactement comme la liberté ne va jamais s’inscrire dans la possession. Ici encore, il y a coïncidence exacte entre la liberté et la non-possession.

jeudi 9 décembre 2010

Lettre à nos frères prêtres ayant quitté le ministère.

  • Amis, je vous ai vus nombreux aux journées des « Réseaux des Parvis » : anciens d’Echanges et Dialogue », membres de l’APRS (Association pour une retraite convenable), tous engagés de longue date dans le questionnement sur l’Eglise.
    Si la parole m’avait été donnée, voici ce que je vous aurais dit.

    Selon notre théologie, trois sacrements sont indélébiles : le baptême, la confirmation et l’ordre. Nous avons reçu le sacrement de l’ordre, et il nous a été répété en latin comme en toutes les langues : « Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisedech ».
    Nous sommes donc prêtres et nous restons prêtres, quelle que décision que prenne la hiérarchie : on n’efface pas l’indélébile. Nous sommes aussi au milieu du monde, restés célibataires, mariés, veufs ou divorcés.