lundi 14 février 2011

Déclaration des 143 théologiens allemands

  • « L’ÉGLISE EN 2011 ; prendre un nouveau départ est une nécessité »
    143 théologiens ont signé un document publié dans le Süddeutsche Zeitung du 3 février 2011 .
Des traductions intégrales de ce document sont disponibles sur deux sites que vous pouvez consulter à partir des liens figurant sur la page de garde de notre Blog:
  • - PARVIS, qui publie également les noms des signataires.
  • - JONAS, qui publie aussi un commentaire de Jean Rigal à ce texte.


Par ailleurs on trouvera:

  • sur le site de la Conférence des baptisé(e)s (lien) un commentaire de Mmes Soupa et Pédotti, assorti de 46 (à ce jour...) réponses de lecteurs
  • sur le site GOLIAS (lien) un commentaire assorti (à ce jour) de 47 réponses de lecteurs

De quoi se faire une opinion!

samedi 5 février 2011

Le billet de Gilles

  • Marc 6/30-34.
    Jésus, homme.




  • Les apôtres reviennent de mission et racontent à Jésus ce qui leur est arrivé, ce qu'ils ont fait. Jésus les voit bien fatigués et leur propose de venir à l'écart, vers un lieu plus "désert", car un tas de gens sont là, allant et venant...sans doute des gens qui ont suivi tel ou tel apôtre de retour de mission. Comme ils n'arrivent pas à se trouver entre eux, Jésus propose qu'ils prennent la barque...




Arrivés au débarquement, les gens sont encore là: ils ont deviné où pouvait bien se rendre Jésus.
Jésus voit tous ces gens qui attendent de lui quelque chose, des choses différentes pour chacun, sans doute mais surtout une parole réconfortante.
Marc écrit que, là, Jésus est ému "aux entrailles" il est remué au fond de lui-même. Qu'est-ce que ça a dû lui faire, quelle émotion au profond, au coeur, aux tripes de cet homme Jésus!
C'est bon de se rendre compte que Jésus est homme comme nous.




  • Gilles Lacroix - 05.02.2011.

lundi 17 janvier 2011

Suis-je libre ?

  • Jacques ELLUL
    « La subversion du christianisme »
    Seuil - 1984
    Extraits:




  • Ce que l’homme veut quand il parle de liberté, c’est : ne pas être soumis à un autre, pouvoir faire ses quatre fantaisies et aller où il en a envie. Guère au-delà. Ce qu’il ne veut pas, mais pas du tout, c’est devoir prendre en charge sa vie et être responsable de ce qu’il fait. C’est-à-dire qu’il ne demande en rien la liberté ! /... / il veut surtout le confort et la sécurité dans tous les domaines. Sécurité par la police. Sécurité sur les routes. Sécurité pour la maladie, le chômage, la solitude, la vieillesse…/…/ et cela en échange de la liberté. En effet la liberté peut tout vous donner en vous demandant d’être, sauf la sécurité. La sécurité est toujours et inévitablement payée du prix de la liberté.
    Ce n’est pas vrai que l’homme veuille être libre. Ce qu’il voudrait, ce sont les avantages de l’indépendance, sans avoir aucun des devoirs et des duretés de la liberté. Car la liberté est dure à vivre. La liberté est terrible. La liberté est aventure…/Il n’y a de liberté que dans un contrôle permanent de soi-même et dans l’amour de celui qui m’est proche.
    L’amour suppose la liberté et celle-ci ne s’épanouit que dans l’amour. C’est pourquoi Sade est bien le plus grand menteur de tous les siècles. Ce qu’il a montré et appris aux autres, c’est la voie de l’esclavage sous le discours de la liberté. La liberté ne peut jamais exercer de puissance. Il y a coïncidence entière entre la non-puissance et la liberté. Exactement comme la liberté ne va jamais s’inscrire dans la possession. Ici encore, il y a coïncidence exacte entre la liberté et la non-possession.

jeudi 9 décembre 2010

Lettre à nos frères prêtres ayant quitté le ministère.

  • Amis, je vous ai vus nombreux aux journées des « Réseaux des Parvis » : anciens d’Echanges et Dialogue », membres de l’APRS (Association pour une retraite convenable), tous engagés de longue date dans le questionnement sur l’Eglise.
    Si la parole m’avait été donnée, voici ce que je vous aurais dit.

    Selon notre théologie, trois sacrements sont indélébiles : le baptême, la confirmation et l’ordre. Nous avons reçu le sacrement de l’ordre, et il nous a été répété en latin comme en toutes les langues : « Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisedech ».
    Nous sommes donc prêtres et nous restons prêtres, quelle que décision que prenne la hiérarchie : on n’efface pas l’indélébile. Nous sommes aussi au milieu du monde, restés célibataires, mariés, veufs ou divorcés.

samedi 27 novembre 2010

« L’avenir de l’Église dépend des vrais chrétiens »

« Il faut reconnaître la dimension du désastre vers lequel, depuis des siècles, le christianisme s’achemine. L’heure approche, avec rapidité, où le christianisme sera acculé à une mutation, dont son origine le rend certainement capable et même qu’elle a toujours appelée secrètement, mais contre laquelle se dresse toute son histoire. » « Il aborde des temps décisifs. Ceux-ci le surprennent dans un état de grave impréparation due à des siècles de conservatisme et de préoccupations plus politiques que religieuses cachées sous des croyances plus intrépides que spirituelles. » « Mais précisément, si les chrétiens savent suivre le chemin que Jésus a ouvert à ses disciples, il leur permettra de porter remède à cette impréparation couronnée de satisfactions et de suffisances qui conduirait infailliblement le christianisme à la déroute finale. »


Marcel Légaut, « Introduction à l’intelligence du passé et de l’avenir du christianisme », publié chez Aubier. (cité par Robert Serrou dans « L’avenir de l’Église dépend des vrais chrétiens »)

dimanche 14 novembre 2010

Message d'Espérance issu de l'assemblée des Parvis le 12 novembre 2010 à Lyon

Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc
prioritairement :

  • Examiner l’évolution du monde auquel est destiné le Message
    Evangélique

  • Se lever pour lutter contre l’iniquité et la violence inhérentes à cette
    évolution technique et marchande qui ruine les valeurs
    constitutives de l’Humanité et met à mal la Planète

  • S’engager dans des lieux de solidarité, de désobéissance et de
    propositions alternatives

  • Remettre le monde à l’endroit en donnant la parole aux exclus

  • Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est
    en train de naître.



Oui, pour nous le message libérateur de l’Evangile est nécessaire au
monde :
il ne peut plus être porté par voie d’autorité.
C’est le temps pour tous, hommes et femmes, d’en être pleinement
responsables dans nos sociétés sécularisées.
C’est donc le temps de donner plein essor à nos communautés
héritières de Vatican II pour y vivre le partage authentique de la Parole,
des célébrations tissées de nos expériences, et le travail d’actualisation
du Message :
Une Eglise Autre est possible !
C’est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux
d’humanisme :
Un autre monde est possible !
Le temps vient d’envisager l’avenir
avec la Force et la Jeunesse de l’Esprit,
Souffle d’Amour et de Vie,
qui recrée le monde

lundi 8 novembre 2010

Le chemin de la foi en Dieu

« Le chemin qui peut mener à la foi en Dieu devra conduire l’homme à lui-même. Les étapes principales de la vie sont les occasions normales de cet approfondissement ; la rencontre de l’amour, l’avènement de la paternité [ou de la maternité, NDLR], l’appel des biens qu’il a su rendre humains, les approches même lointaines de la mort. Tous les évènements que l’homme rencontre en particulier ceux qui le menacent directement ou en ceux qu’il aime, s’il sait les vivre humainement et non seulement asservi par eux, l’ouvrent davantage à l’intériorité. Ils font naître en lui par leurs exigences ou sous leur choc l’attention et l’attente sans lesquelles nulle foi n’est possible. Ils l’habituent à croire sans voir, sous la lumière parcimonieuse mais précieuse qui illumine ses meilleurs moments ; à cheminer sans savoir où il va, sous la seule conduite de la fidélité à ses plus fines intuitions. Ils lui font toucher sa consistance et sa durée, l’aident à entrer dans son existence et à atteindre la foi en soi. Ils le font sortir de lui-même sans le distraire de son être propre et lui laissent entrevoir l’être de ses proches à travers ce qu’il est.
Quand l’homme se sera suffisamment trouvé, qu’il aura pris conscience du pouvoir créateur que les circonstances de sa vie et les biens humains demandent pour être véritablement assumés, il s’éveillera à l’exigence fondamentale de la foi en Dieu. »

  • Marcel LEGAUT - "L’homme à la recherche de son humanité", Aubier 1971, p. 187-188.