mercredi 26 décembre 2012

Passons à une foi adulte.


Enfant, je croyais aux cadeaux de Noël apportés miraculeusement par le Père, le Père Noël bien sûr. Puis je n’ai  plus cru au mystérieux arrivage mais j’ai remercié tout autant mes parents de leur amour pour moi et mon « merci » a été un amour plus profond pour eux.
Chrétien grandissant, je n’ai plus « foi » au « mystère » de Noël, et je le mets au niveau du compréhensible, je l’humanise. Et alors, je découvre l’essentiel. Celui que j’appelle Dieu, aime ; aime le Monde et chaque être, il m’aime Moi. Pour me le dire il a envoyé un enfant né sur terre comme moi, d’une mère comme la mienne. Cet enfant, plus éclairé que moi, me dit : « Dieu est Père, Papa « Abba ». J’ai compris son amour, comprends le à ton tour »
C’est là tout le Mystère de Noël.
Je ne suis plus larmoyant devant la crèche, je suis émerveillé devant ce petit qui, dans ses vagissements me dit : « Notre Père nous aime et nous supplie d’aimer. » Message qu’il dira à la fin de sa vie en Jean 13/34.
Gilles.

mercredi 19 décembre 2012

Manifeste pour une Église dans le monde de ce temps



Nos amis québécois du « Forum André Naud » proposent leur
Manifeste pour une Église dans le monde de ce temps,
 inspiré par celui des 300 prêtres autrichiens et adopté lors de leur Assemblée Générale d’Octobre 2012. Ce Manifeste contient quatre souhaits, sept engagements et un grand désir :


« Nous demandons aux premiers responsables de l’Église catholique, dont nous sommes aussi membres par notre baptême, de s’atteler à une urgente et nécessaire reforme ecclésiale qui permettrait aux disciples du Christ de collaborer à l’instauration d’une fraternité universelle dont l’Homme de Nazareth avait fait sa grande préoccupation. Lors de son dernier repas avec les siens, quel message il nous a laissé avec le tablier, le pain et le vin! Par fidélité au Christ, à l’Évangile et à l’institution qui tente de le manifester AUJOURD’HUI, nous nous sentons obligés de déclarer à nouveau nos options et nos choix. : n’est-ce pas une loi de la vie que de recommencer?

Nous souhaitons que :

-       Dans l’Église l’autonomie de l’être humain et l’importance de sa conscience soient au centre de nos orientations et de nos décisions d’agir, une conscience de disciple « qui repousse vigoureusement tout juridisme étroit et mesquin qui perdrait de vue le primat de l’amour généreux sur les règles concrètes d’action.[1]» Le Christ ne donne pas un long code de conduite, mais beaucoup d’exemples d’humanité.

-    L’égalité femme/homme reconnue dans la société civile le soit autant dans notre Institution ecclésiale.

-     La décentralisation de l’Institution ecclésiale (avec les siècles devenue romaine et gérée par la Curie) se traduise progressivement par une prise en charge de chaque communauté chrétienne par ses membres, selon leurs talents et leur disponibilité.

-          Nos évêques prennent une plus grande liberté face au gouvernement central de notre Institution et une plus grande implication, associés aux laïques, dans les enjeux de notre société québécoise. « Dans l’état actuel des choses et de la législation de l’Église, le pape et les évêques ont le devoir d’être prêts à reconsidérer les règles qui concernent la « juste » liberté  de pensée et d’expression dans l’Église.[2] »

Conséquemment
Nous nous engageons à :

 -            Promouvoir partout et en tout temps l’importance de la conscience éclairée de disciple, de l’égalité  femme/homme, de la décentralisation dans notre Institution ecclésiale, et de la liberté de pensée et   d’expression dans notre Église.

-    Intervenir sur le terrain pour favoriser l’existence de communautés chrétiennes à taille humaine capables, dans un climat de coresponsabilité, de répondre à leurs propres besoins  même dans un contexte de fusion de paroisses (distribution des tâches pastorales, reconnaissance de  ministères propres à une communauté, consultation pour le choix du pasteur, célébration de la Parole avec communion, célébration conjugale,…). La liberté d’action évangélisatrice des  communautés chrétiennes repose sur la connaissance des personnes, de leurs besoins, de leurs  aspirations, de leurs joies et de leurs peines.

-      Accueillir ouvertement dans leurs différentes situations de couples les personnes séparées réengagées, les personnes homosexuelles, les personnes vivant en union de fait,… qui cheminent dans la communion au Christ à la table eucharistique.

-              Promouvoir la célébration du pardon de Dieu avec absolution collective.

-              Inviter des laïques formés de nos communautés à prononcer une homélie.

-              Promouvoir la réinsertion dans l’exercice du ministère presbytéral des prêtres qui ont quitté le ministère et qui pourraient aujourd’hui être mariés.

-              Nous exprimer en faveur de l’ordination diaconale des femmes, ainsi que de l’ordination presbytérale de femmes et d’hommes mariés ou célibataires

Nous désirons poursuivre ce dialogue déjà amorcé avec l’ensemble du Peuple de Dieu et nous invitons nos évêques à se joindre à cette démarche.


                                                                                                              Reproduit avec l’accord du "Forum-André-Naud"
1. NAUD, André, Le magistère incertain, Fides 1987, p. 250.
2. NAUD, André, Pour une éthique de la parole épiscopale, Fides 2002, p. 24.

mercredi 12 décembre 2012

Homosexualité: des réflexions à faire mûrir




Lorsqu’il s’est présenté pour l’élection présidentielle, François Hollande a proposé aux Français 60 engagements, 60 propositions.

Sa proposition 31: « J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels » se place entre le délit de faciès et le handicap.
Pourquoi l’urgence de la proposition 31 plutôt  que de la 30 ou de la 32 qui sont bien plus prégnantes d’urgence tant elles concernent de monde ?

L’homosexualité est restée trop longtemps une charge insupportable aux intéressés, particulièrement dans les entreprises. Des personnes homosexuelles ont décidé depuis des années de mettre ce problème au jour. Elles ont d’abord voulu le tirer au clair pour elles-mêmes. Combien d’homosexuels en psychanalyse ? !
Elles ont voulu faire profiter d’autres de leurs découvertes, de leur retour à la vie peut-on dire, et se sont organisées en « mouvement ». Mouvement minoritaire : il se défend  se fait entendre d’autant plus fort.
Reste maintenant à ce qu’il mûrisse.
Le premier point : mariage, semble reconnu même dans l’Eglise. Des prêtres disent même que puisque « tout amour vient de Dieu », disons de l’amour homo qu’il est bon et bien, bien dit, bene dictus, béni, donc bénit de Dieu et normalement de son Eglise
Demeure l’épine du mot mariage lui-même. D’autres langues s’essaient à trouver un autre terme.
Reste l’adoption : avoir un enfant, est-ce pour lui d’abord ou est-ce pour soi ? De quoi, de qui a-t-il besoin pour s’épanouir ?
Notre société se tourne vers la psychanalyse, vers ces gens qui, étant allés les premiers aux fondations d’eux-mêmes, peuvent dire quelque chose sur les découvertes de ce voyage pour que d’autres en profitent.
Leurs découvertes ne sont pas toutes identiques vu la diversité des personnes. L’intérêt c’est qu’ils en parlent entre eux, beaucoup actuellement, et sans exclusive. Ainsi les choses mûrissent.
Ne serait-ce pas le chemin à suivre pour les politiques et aussi pour les religieux ?
Dans les journaux les points de vue s’échangent depuis un certain temps. Les évolutions sont manifestes ; on trouve encore des raideurs…
Les évêques qui naguère ramaient vent debout contre le Téléthon le font actuellement contre l’homosexualité, mais on constate que leurs avis sur les objectifs du Téléthon ont évolué. De quoi la « grâce » n’est-elle pas capable !
Les manifestations sont utiles pour vider les agressivités, comme un grand coup de gueule, mais il faut revenir, calmés, à la discussion.
Patience, ça mûrit !
Monsieur Hollande, n’oubliez pas la proposition 30 ni la 32 ; entre elles deux la 31 mûrira.
Gilles Lacroix, prêtre, psychanalyste. Mont près Chambord 08.12.2012.

dimanche 2 décembre 2012

Le billet de Gilles


Dans les années 50, j’enseignais le catéchisme à un groupe de 80 et quelques filles sur ma paroisse, à Paris…Elles ont grandi depuis, et même depuis, se sont courbées : elle sont pour certaines grand’mères.
J’avais semé alors la loi de l' Evangile : aime ton prochain…
Tant d’années après, l’une d’elles me dit au téléphone : « Je suis maire adjointe de ma ville, responsable de la Culture. Je fais découvrir aux gens de la commune et d’ailleurs les beautés de la peinture par des conférences, des visites de musées, et d’autres choses… »
Elle aide des personnes à s’épanouir. Elle me dit au téléphone : « C’est beau de voir des gens s’ouvrir à de belles choses, d’échanger avec d’autres, de s’apporter des points de vue différents, de s’enrichir mutuellement ». Et je me dis : elle leur apprend de quelque manière ce qu'est « aimer son prochain ».
Le grain semé en terre a porté du fruit, 60 ans plus tard ; avant aussi sans doute, et après encore !
Oh, « geste auguste du semeur » !
Gilles -2/12/2012. 

mercredi 21 novembre 2012

Avoir peur des conflits ?


 

Par rapport à l’Eglise, on trouve dans les divers types de communautés chrétiennes :

-        -          Ceux qui ne font aucune rupture avec l’institution et s’insèrent très bien dans le projet ecclésial. Ils ne remettent en cause aucun des fonctionnements de l’ordre religieux actuel.

-         -        Ceux qui ont découvert ou explicitement voulu que ces communautés servent à transformer l’institution. Ils acceptent ou souhaitent une certaine rupture avec le fonctionnement actuel et ils ont le désir que cela serve à la réforme de celui-ci.

-        -        Ceux qui ne s’intéressent absolument plus à la transformation de l’Eglise. Ils cherchent une forme de communauté chrétienne ou spirituelle, mais se désintéressent tout à fait de l’institution. Plusieurs de ceux-là viennent de la catégorie précédente après échec ou déception.

Evidemment, il n’y a pas de problème dans les rapports entre les communautés et l’institution ni pour la première, ni pour la troisième catégorie. C’est dans la deuxième catégorie qu’il se passe quelque chose sur ce point.

Après une période un peu floue où certains chrétiens cherchaient des formes nouvelles sans toujours bien voir où cela menait, et où l’institution religieuse continuait à fonctionner sans s’opposer à ces recherches, certains signes indiquent que l’on arrive à un tournant : Il va falloir rompre tout rapport ou entrer dans des conflits plus nets…/…
…/…Ces derniers temps, avec des prises de position plus « spectaculaires » de la hiérarchie (« document romain sur la sexualité », « lettre aux catholiques de France »), il est difficile de ne pas voir que, de ce côté, le changement n’est pas très grand : quand les jeunes trouvent l’Eglise hors de leur langage ou de leurs questions, ce n’est pas des intégristes qu’ils parlent, mais du Pape, des  évêques, des paroisses d’aujourd’hui, en un mot de la pastorale rénovée, « adaptée », d’après Vatican II.

                                  G. Masson – Publié dans « Promesses » N° 98 –Avril 1977

Ce texte, écrit il y a plus de 35 ans, décrit une situation de l'Eglise qui peut sembler actuelle 
Que sont devenus les contestataires de cette époque ? Ont-ils rompu ou sont-ils entrés dans des conflits plus nets ? Il est à craindre que la plupart aient quitté l’Eglise Catho depuis…des lustres - quel gâchis!
Les contestataires récents – genre Mmes Soupa-Pédotti – sont beaucoup plus soft, il en a fallu beaucoup pour qu’ils se réveillent ! ( Merci Mgr 23! ). Seront-ils mieux entendus ?
                                                                                                                                               PVW



lundi 12 novembre 2012

Benoît XVI: donner un nouveau souffle au latin




La Croix - 11/11/12 - 14 H 32 mis à jour le 12/11/12 - 09 H 02
Benoît XVI a publié le samedi 10 novembre une lettre apostolique solennelle sous la forme d’un Motu Proprio titré « Latina Lingua » (La langue latine), créant l' « Academia Latinitatis », l’Académie de latinité. Cette académie pontificale dépendra du Conseil pontifical de la Culture.
Le Pape entend ainsi redonner une certaine vigueur à l’apprentissage du latin, notamment dans l’Église. La connaissance du latin et de la culture latine est en effet « nécessaire pour l’étude des sources (de la foi), auxquelles s’alimentent de nombreuses disciplines, la théologie, la liturgie, la patristique et le droit canon », explique le pape qui souligne que cela correspond à « l’enseignement du Concile Vatican II ».
Depuis la Pentecôte, rappelle-t-il, l’Église n’a pas hésité à parler toutes les langues, choisissant le latin comme langue officielle. Les plus importants textes du magistère sont en latin, « précisément pour mettre en évidence le caractère universel de l’Église ».
Mais, déplore Benoît XVI, la connaissance de la langue et de la culture latine, que l’Église, depuis la chute de l’empire romain, a maintenue vivante, devient de plus en plus « superficielle », ce qui se vérifie jusque dans « les études philosophiques et théologiques des futurs prêtres ».
Une langue pas si morte que ça
Si la connaissance du latin et de la culture latine se perd dans l’Église, le Pape constate que, paradoxalement, elle suscite un regain d’« intérêt » hors de la sphère religieuse, « pas seulement dans les continents qui ont leurs racines dans l’héritage gréco-romain », mais de la part « de professeurs et aussi de jeunes et d’étudiants de nations diverses ».
L’objectif de l’Académie de latinité, défini dans l’article 2 du Motu proprio rédigé en latin est donc double : « Favoriser la connaissance et l’étude de la langue et de la littérature latines qu’elles soient classique, patristique, médiévale ou humaniste en particulier auprès des institutions de formation catholiques dans lesquelles sont formés et instruits les séminaristes et les prêtres » ; et « promouvoir dans divers milieux l’usage du Latin que ce soit comme langue écrite ou parlée ». Autrement dit : revivifier des études qui s’essoufflent et accompagner ce nouvel élan dans le monde de la culture. Pour cela, « des méthodes didactiques adaptées » à notre époque devront être mises en oeuvre et « un réseau entre institutions académiques et universitaires » devra être promu afin de valoriser le riche et divers patrimoine de la civilisation latine.
Par la création de cette Académie, Benoît XVI marque néanmoins avant tout son attachement à une Église qui se nourrit de sa tradition millénaire.
La fondation Latinitas, créée par Paul VI en 1976, devrait du même coup être supprimée.


Martine de Sauto (avec AFP et APIC)

jeudi 1 novembre 2012

D'autres notes de lecture



La religion  relie , elle rassemble les êtres humains à travers une croyance collective dans un invisible qui les dépasse.
Cependant, je dirais, à l'inverse, que la spiritualité, la quête personnelle de l'esprit, délie, elle libère l'individu de tout ce qui l'attache et l'enferme dans des vues erronées ( ignorance, a-priori, préjugés, etc...), mais aussi du groupe.  Elle le libère du poids de la tradition, du collectif, pour aller vers lui-même, vers sa vérité intérieure. 
Puis, si la spiritualité commence par délier un individu, elle a pour but ultime de le relier de manière juste aux autres.  Autrement dit, la spiritualité délie pour mieux relier, elle libère l'individu pour lui apprendre à aimer.  Une spiritualité qui débouche sur l'indifférence ou sur le mépris des autres n'a rien d'authentique, c'est une névrose qui a le spirituel pour alibi.
Frédéric Lenoir
 "DIEU" Entretiens avec Marie Drucker

"L'humanité, telle que nous la vivons, est en transition entre l'animal et l'humanité véritable.  Le mouvement même de l'évolution appelle l'homme à devenir ce qu'il croit être.Devenir humain ! C'est à dire qu'effectivement, il faut sauver l'homme dans l'homme.  La pensée humaniste et la proposition chrétienne sont en accord sur ce point.  Parler du sens de la vie et parler du salut reviennent, l'un et l'autre, à évoquer un point à atteindre, donc un dépassement.  La réalisation de quelque chose qui n'est pas acquis d'emblée.  Un "au-delà" de l'humanité telle quelle est. Mais un au-delà dont elle porte en elle l'appel et la capacité pour peu qu'elle veuille bien s'y ouvrir."

Yves Burdelot
"Devenir Humain-La proposition chrétienne aujourd'hui"(2002)