dimanche 14 décembre 2014

Assemblée générale de Parvis


L'Assemblée Générale de Parvis s’est tenue à Rezé, près de Nantes, les 28-29-30 novembre 2014. 
CER 41  y était représenté par Gilles Lacroix (avec pouvoirs) et Guy de Longeaux (observateur)
 123 participants y représentaient 28 associations (sur 41 adhérentes à Parvis). Le thème général était : « Qui est mon prochain dans une société multiculturelle ? »
L’évêque de Nantes avait envoyé un message à l’AG lui souhaitant « une réflexion fructueuse ».

Évènements soulignés :
  • Parvis a adhéré à l’IMWAC (International Movement We Are Church)
  • l’excommunication de Martha Heizer, présidente de l’IMWAC et de son mari Gert , Autrichiens, accusés d’avoir fait (d’ailleurs depuis longtemps) des eucharisties sans prêtres.
  • initiatives pour une paix juste en Palestine (Parvis a proposé un groupe de travail au Conseil de l’Europe : co-développement, droit de l’homme, immigration…)
  • synode sur la famille : document de synthèse envoyé
  • voyage récent en Algérie d’une trentaine de personnes de Parvis qui ont rencontré des communautés chrétiennes et musulmanes, ainsi que des universités (où les femmes sont majoritaires)
Orientations pour 2015 :
  • l’international : atelier Afrique avec Hugo Castelli, participation à « Concile 50 », réunion à Rome en novembre 2015 d’environ 200 représentants d’associations telles que Parvis pour le 50ème anniversaire du Concile
  • les jeunes : accompagnement de l’équipe dirigeante de la JEC voulant relancer ce mouvement et adhérer à Parvis. Marie Damiens, de l’équipe dirigeante de la JEC, était présente. Elle est du Loir-et-Cher.
  • la revue Parvis recherche des abonnés et pourrait reprendre 2 revues qui disparaissent : Jonas et Jésus, cahiers de libre avenir. Envoyer à la revue des compte-rendu d’activité des associations ; envoyer des contributions (une « relecture théologique des actions que l’on fait localement »)
  • La cotisation est fixée pour 2015 à 2,50 € x nombre d’adhérents de chaque association

mercredi 10 décembre 2014

La Cène : ni trop, ni trop peu.


D'après un texte de André Gounelle  ainsi intitulé
présenté et commenté par Alain Dupuis.


Au moment du Concile Vatican II, Karl Barth  écrivait au Père Yves Congar : "Comment pouvez-vous accorder une telle importance à l'eucharistie, alors que dans le Nouveau Testament elle occupe si peu de place ?" Deux remarques montrent la pertinence de cette question de Barth, qui, au premier abord, peut étonner.
  1. Si on compare les divers récits du jeudi saint que l'on trouve dans le Nouveau Testament (il y en a quatre), l'ordre de répétition "faites ceci en mémoire de moi" qui institue le rite, n'est rapporté ou raconté ni par Matthieu, ni par Marc, ni par les manuscrits les plus anciens de Luc, et encore moins par Jean qui ne dit pas un mot d'un partage et d'une distribution de pain et de vin au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples avant la crucifixion (à la place, il relate le lavement des pieds). Seul Paul, dans la première épître aux Corinthiens, insiste sur cet ordre. Ce constat amène à douter de l'historicité de cet ordre de répétition attribué à Jésus. En tout cas, il indique qu'une partie des écrivains canoniques et de l'Église primitive n'a pas considéré comme très importante la célébration de la Cène. Ils n'ont pas jugé qu'elle faisait nécessairement partie du message qu'ils avaient à transmettre. Ce silence ne doit pas nous détourner de partager le pain et le vin ; il ne disqualifie pas ni n'autorise à écarter le récit de Paul. Par contre, il devrait nous empêcher d'accorder une valeur excessive à la Cène ; il fonctionne un peu comme un garde-fou contre une hypertrophie sacramentelle.
  2. L'un des problèmes que rencontre l'interprétation du Nouveau Testament dans ce domaine tient à la difficulté de distinguer la Cène des repas communautaires, d'abord du groupe des disciples, ensuite de l'Église primitive. Peut-être d'ailleurs, à l'origine se confondaient-ils… ; ce qu'écrit Paul aux Corinthiens le suggère. Quoi qu'il en soit, ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. Nos Cènes et nos eucharisties sont des rites, des liturgies, qui n'évoquent que de manière fugitive et lointaine tout ce qui se passe et s'échange autour d'une table amicale ou familiale. Certainement nos Églises seraient plus proches des pratiques des premiers chrétiens en organisant un repas paroissial après chaque culte plutôt qu'une Cène dominicale. Chaque fois qu'on mentionne dans le Nouveau Testament un repas avec bénédiction et fraction de pain, ce qui correspond d'ailleurs aux coutumes de la piété juive, il ne s'agit pas forcément d'une Cène telle que nous l'entendons, d'un moment cultuel spécial, d'un sacrement.
    Il me semble donc que le Nouveau Testament conforte cette volonté de n'en faire ni trop, ni trop peu. L'être humain a besoin de rites, de cérémonies. On ne doit pas l'en priver, mais toujours lui rappeler leur caractère secondaire, accessoire, et ne pas faire d'un moyen pédagogique un acte magique. Je ne cache pas combien me mettent mal à l'aise certains propos que j'entends parfois dans les textes introductifs à la Cène. Quand on me dit que le pain et le vin deviennent ou portent le corps du Christ, quand on m'affirme qu'ils répètent le sacrifice du Christ, il m'arrive de m'en abstenir, par protestation, et je ne suis pas le seul. Par contre, quand on en parle comme d'un signe qui me rappelle la présence et l'action du Christ dans ma vie, qui évoque ce qu'il a fait autrefois, ce qu'il continue de faire aujourd'hui et ce qu'il fera demain, alors je la prends avec joie et avec profit, car elle prend alors son juste sens, et qu'on a su n'en faire ni trop ni trop peu.

André Gounelle

(Tous les propos qui sont de la plume même de l'auteur sont en italique).
      André Gounelle, protestant d'origine cévenole, occupa divers postes d'aumônerie et pastoraux, avant d'être nommé professeur à la Faculté de Théologie Protestante de Montpellier, jusqu'à sa retraite. Parmi ses nombreux ouvrages, on recommande la lecture de son " Parler du Christ", paru chez Van Dieren (Paris) en 2003.
      Karl Barth : théologien protestant (1886 – 1968), incontournable dans l'histoire de la théologie chrétienne du 20ème siècle. Il fut observateur au Concile Vatican II.
     Yves Congar : théologien catholique français, dominicain, dont l'œuvre courageuse, rigoureuse et novatrice, touchant en particulier l'Ecclésiologie, marqua profondément l'avant-concile et le concile Vatican II où il fut expert. Très malade et très éprouvé par des persécutions vaticanes, il fut finalement réhabilité et fait cardinal peu avant sa mort.

mercredi 26 novembre 2014

Hors des sentiers battus...



Les éditions Temps Présent *viennent de publier un nouveau livre « JESUS UNE VIE HORS DES SENTIERS BATTUS » de notre ami Guy de Longeaux. Une passionnante enquête qui atténue l’image du magicien  faiseur de miracles et le resitue dans son époque, en s’appuyant sur les travaux de théologiens et d’historiens. Dans la lignée de Jacques Duquesne  qui a écrit la préface  il nous raconte le destin extraordinaire de cet homme ordinaire. Il se livre aussi à une analyse des forces et des faiblesses de l’Eglise d’aujourd’hui  et appelle à retrouver les forces de l’ESPRIT .

*Temps Présent est par ailleurs co-éditeur de la revue du « Réseau du Parvis », fédération qui regroupe une cinquantaine d’associations ( dont "Chrétiens  en Recherche 41" ) de catholiques  réformateurs et de protestants libéraux,

jeudi 13 novembre 2014

Quitter Nicée et revenir à Nazareth.


André Costabel
LPC n° 11 / 2010
Les religions chrétiennes sont frappées d'un doute sur leur avenir dans l'évolution du monde. C'est pourquoi surgit cette question : Est-il opportun de penser qu'un retour aux sources soit de nature à effacer ce doute ? Une étude d'Etienne Verougstraete, il y a une trentaine d'années, traitait de l'évolution du Christianisme au cours des trois premiers siècles. Elle montrait de façon claire comment, au concile de Nicée, l'aboutissement avait été de faire du fils de Dieu, Le Dieu, le fils de la Trinité divine.
Tout était parti du Nazaréen avec son message qui bousculait sur bien des points les lois du Judaïsme. Comme le décrit J.M.Muller dans son livre Désarmer les Dieux, Jésus a concrétisé les prophéties d'Isaïe et de Michée qui, en contradiction avec la majeure partie du Premier Testament, prévoyaient le temps de la fraternité universelle, un temps désiré par Dieu où le fer des épées servirait uniquement à cultiver la terre. Au jardin des oliviers, le symbole de cette concrétisation est le désarmement de Pierre par Jésus.
Pour soulager et éteindre les souffrances de l'humanité, il fallait proscrire le désir de vengeance, le dogme du mal rendu contre le mal. C'est ainsi que le bassin méditerranéen fut secoué par un vaste mouvement issu de l'enseignement évangélique, rassemblant tous ceux qui souffraient de la brutalité de l'Empire romain. L'attitude des martyrs symbolise cette adhésion massive.
Mais Rome veillait à conserver l'unité de l'Empire. Les chrétiens, de leur côté, se dispersèrent dans des discussions de plus en plus violentes pour définir qui était Jésus. Constantin, devenu empereur, soucieux d'assurer la pérennité de Rome, annexa le Christianisme et, pour être sûr de l'unité politique, légiféra à travers différents conciles dont Nicée sur les fondements de la religion instrument du pouvoir. Ses successeurs, Théodose en particulier, allèrent encore plus loin en utilisant la répression de l'Etat pour obtenir l'adhésion des peuples aux conceptions de la religion émises par les conciles.
Les dogmes ont été proclamés ainsi que l'obligation absolue d'y adhérer sous peine de sanctions. Le magnifique élan des premiers siècles vers le règne de l'amour du prochain fut rompu au profit de structures organisées en vue d'assurer la possession d'une vérité indiscutable. Mais cette dernière est de plus en plus en porte-à-faux par rapport aux connaissances acquises, et le mal continue à secouer le monde.
Revenir à Nazareth, c'est faire retour vers le Christ authentique, celui de l'histoire. Il ne s'agit pas de tout retenir de la période de Jésus au contexte totalement différent du nôtre, où régnait l'illusion que l'homme était le centre d'intérêt du monde et le centre d'intérêt de Dieu. Il s'agit simplement de redonner la place essentielle aux valeurs qui étaient la base de l'enseignement de Jésus : l'amour, le refus de toute justification de la violence, l'effort permanent vers la perfection. C'était de ces valeurs qu'était née l'espérance d'un monde meilleur qui avait enflammé l'enthousiasme des premiers chrétiens.
L'affirmation par le concile de Nicée de la toute-puissance de Dieu le Fils a permis à des forces d'intolérance d'assombrir l'histoire. En quittant Nicée et ses dogmes imposés, une nouvelle espérance est possible touchant à la fraternité des peuples, à la convergence des religions du monde, à une nouvelle approche dans la façon de penser Dieu et Jésus.
Quitter Nicée c'est semer les germes d'un puissant regain de vie du Christianisme.
André Costabel





mercredi 5 novembre 2014

"La foi du charbonnier"

Voici longtemps que je pense que Dieu, qui nous a créées intelligents, ne peut pas nous en vouloir, au contraire, de nous poser bien des questions. J’ai jadis osé interroger le site de l’Église Catholique en France sur deux ou 3 points que je trouvais plutôt curieux dans les évangiles (anachronisme, incohérence des paroles/faits) et j’ai alors été dirigé avec profit sur les Cahiers Evangile n° 45 dont vous trouverez là la présentation : http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=7022 . En un mot, il y a bien des choses à trier et reconsidérer. Ce que dit Joseph Moingt de la Résurrection n’est pas très éloigné de ce qu’en écrit St Jean (1 Jn 3,2) sur notre propre future résurrection : « dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ». Voici belle lurette que ce que j’en comprends, c’est que les apôtres ont eu l’évidence que Jésus était toujours vivant et présent, mais pas comme un corps normal : il est là, puis il disparaît, ou se fait reconnaître sans qu’on l’ait d’abord reconnu (même Marie de Magdala qui l’aimait pourtant de près « Rabbouni »). Mon cœur de foi ? « Dieu est Amour » et « Aimez-vous les uns les autres » (...même ici) ! Ce qu’est Dieu, personne n’en « sait » strictement rien, mais on le « croit ». Et on a, selon l’expression consacrée, de bonnes raisons de le « croire ». Quant à ce qui se passera après notre mort, on n’en « sait » pas plus, mais c’est précisément l’objet de notre Espérance. Paix et joie à tous les (futurs) saints que nous serons au Ciel par les mérites de Jésus-Christ.
"PapiSenior" - 31/10/2014 - forum "la vie.fr"

mardi 4 novembre 2014

Méditation sur Philippiens, 2,5-11.


Amis, je vous livre ma méditation de ce matin sur le texte que nous propose la liturgie de ce mardi.

La phrase à laquelle je me suis particulièrement attaché : 
 « Le Christ qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. »
C’est autour du mot « condition » que j’ai réfléchi et demandé lumière.
Elle m’a été donnée par Roselyne Dupont-Roc qui, l’an passé, avait laissé un mot à ce sujet dans « Prions en Eglise », et par Joseph Moingt dans son livre « L’homme qui venait de Dieu » p.149.
R.Dupont-Roc remarque que le mot « condition » est la traduction du mot grec « morphè » : « forme ». Il est plastique et peut exprimer aussi bien la simple apparence que l’expression de l’être-même. »
J. Moingt explique ainsi la « condition » de vie de Jésus, sa « nature » par rapport à celle de Dieu: « De nature semblable et non la même, elle peut être mise en condition de diminution ou de détérioration car elle ne possède pas l’absolue immuabilité de la pure nature incréée. »
Ainsi avons-nous à nous demander qui est Jésus…
Comme ce Jésus est proche de nous, et comme il nous rapproche de celui qu’il nous demande d’appeler « Père », qu’il nomme lui-même : ABBA : (Papa).
Voilà à quoi sert la méditation : mieux comprendre qui je suis en comprenant mieux qui est Jésus, ce qui me fait être autrement avec ceux qui sont semblables à moi.


Gilles Lacroix 04.11.2014.

dimanche 19 octobre 2014

Un dynamiseur forain



Il est bien évident que selon son âge, son expérience, son cheminement spirituel et sa connaissance de l’histoire de l’ Eglise, ce que l’on attend d’un prêtre évolue et se finalise, du fait que nos besoins changent et s’affermissent. Le baptisé découvrant sa nouvelle liberté de paroles, dominé par l’ institution Eglise et interdit pendant des siècles d’avis et d’ambition, veut en définitive être accompagné dans son cheminement et son engagement.

Mes expériences m’ont permis de rencontrer, agir et surtout découvrir Jésus-Christ, celui qui est différent de mon « caté » d’il y a 50 ans, et en primordial complément, de prier « grâce » à des prêtres comme Bernard, Jean-Pierre et Charles. Ils ont à cette heure plus de 80 ans chacun.

Si ma foi en Dieu, avec son lot de mystères mais aussi de doutes, se trouve un peu celle du « charbonnier », elle se confirme du fait que je me suis de plus en plus libéré de rites et d’une religiosité contraignants.

Si mes propos relevant de la théologie sont imprécis, voire emprunts de fantaisie, je reconnais au prêtre le droit de me remettre dans un axe plus vrai et plus humble.
A la lecture occasionnelle de l’ Evangile, je souhaite que le prêtre, considéré comme un conseiller spirituel, théoriquement un sachant, me fasse percevoir le message donné aux hommes.
De sa formation spécifique et surtout de son engagement au service des hommes en recherche de Vérité et de Sens à leur vie, j’ accepte que le prêtre soit un soutien, un guide, un dynamiseur mais en aucun cas celui d’un directeur, d’un chef, d’un prescripteur, en me rappelant à l’ordre et à mes obligations.

Je désire que lors d’une célébration, soit rappelé que c’est l’ensemble des présents qui célèbrent, commémorent et prient, que le prêtre est celui qui préside, comme un « chef » de famille offre, assiste, initie et participe autour d’une table lors d’un repas, sans dirigisme, sans reproches ou « gros yeux » si la parole est vivante, multiple, réfléchie et spontanée.

De l’expression « doyen forain », découverte tout récemment, j’en apprécie tous les sens : le sage qui apporte un plus spirituel à la communauté et celui qui se déplace, visite, rencontre ceux et celles qui désirent aller toujours mieux vers les autres.


Antoine Boudisseau